Jardin partagé : cultiver le lien social



L’écoquartier du Danube est encore en chantier, mais les habitants ont commencé à s’investir dans le jardin partagé. Un lieu végétalisé où le vivre ensemble prend une place importante.

Tout a commencé par une participation active

Le jardin partagé du Danube prend racine au sein de l’écoquartier en parallèle aux travaux de construction et d’aménagement, en configuration provisoire en attendant la version définitive dans 2 ans.

À l’initiative du collectif des habitants du Danube et avec le soutien financier et logistique de la SERS, le jardin pousse au coin du passage de la Gosseline et de la rue de l’Elbe.

Motivés par l’arrivée des premiers habitants et profitant d’un terrain en friche disponible, ils sont pris pelles et bêches  pour commencer à faire vivre le jardin partagé, prévu dans le projet d’origine de l’écoquartier.

La richesse du jardin partagé

C’est une petite oasis de verdure en plein air, ouvert à son environnement et aux habitants en premier lieu, qui prend tout son sens en répondant aux attentes et valeurs de convivialité et de partage sans oublier la dimension pédagogique.

Des habitants gèrent le jardin au quotidien depuis quelques mois pour produire ensemble légumes, fleurs, fruits, aromatiques... En mars ont commencé les premiers semis.

« Le jardin partagé ça représente la place de la nature en ville et le contact avec les autres personnes, le faire ensemble ».

Une biodiversité au rendez-vous
 
On peut trouver diverses végétaux comme les tournesols, du persil, de la menthe et du basilic.


Des tomates, des courgettes, des concombres, des potimarrons ont  montré leur nez pendant l’été. Des animaux y habitent aussi : escargots, rouges-queue, cloportes, lézards, abeilles et chauve souris...

Récemment ont été installés deux nichoirs pour les petits oiseaux.

La joie de partager

Le jardin partagé est conçu, construit et cultivé collectivement par les habitants et les futurs habitants de l’écoquartier, favorisant le lien social.

« La vocation du jardin c’est la convivialité, un endroit où les gens peuvent se croiser, se parler, se connaître et se reconnaître ».

Il sera intergénérationnel avec la présence des enfants de l’école maternelle et des résidents de l’EHPAD.

Jardiner c’est l’occasion de nouer des relations avec ses voisins, les habitants du quartier. De créer des liens entre générations et cultures.

Comment ça marche ?

La sensibilisation au respect de l’environnement fait partie de l’ADN du jardin et des animations sont prévues : ” faire un bon compost “, fabriquer des hôtels à insectes, etc.

Tout habitant ou futur habitant de l’écoquartier est invité à participer au projet. Il n’est pas nécessaire d’être un professionnel du jardinage. Chacun peut apporter ses outils et ses bonnes idées pour continuer l’aventure.

Voilà déjà des liens qui se tissent tous les samedis matin.

Apéro d'automne

Les saisons rythment la nature. Les apéros rythment  notre quartier !


Le premier soir de l’automne, l’apéro  organisé  par  le  collectif  des  habitants  de  l'écoquartier  du  Danube a rassemblé une  cinquantaine  de  voisins  sur  la  péniche Danube.

Ce sont les membres de l’Arche qui avaient assuré la décoration de saison avec pommes, épis de maïs et autres citrouilles.


Leurs deux résidences viennent d’ouvrir au sein du quartier (Lire rubrique "Vivre ensemble") et ils n’entendent pas être aux abonnés absents.

L’équipe, voire l’équipage, a créé l’ambiance au cours de plusieurs animations intégrant toute l’assemblée. Les habitants et futurs habitants sont repartis ravis.

Végétaliser, c'est permis

Depuis 2015 fleurissent dans plusieurs villes de France, des “permis de végétaliser”.  


Ce terme, qui sent un peu la bureaucratie, attribue une autorisation et des règles de bonne conduite aux citoyens qui investissent des petits bouts d’espaces publics pour créer des jardins ou simplement des coins de verdure.

Les mairies qui ont pris acte des nouveaux comportements citoyens, ont simplifié la démarche. Le plus souvent, il faut s’inscrire sur un site dédié et décrire son projet.  

Une fois l’autorisation obtenue, aux citoyens de s’organiser pour créer et entretenir ce petit coin de verdure.  

Paris, Grenoble, Le Havre, Bordeaux, Marseille et Strasbourg délivrent des permis de végétaliser, et la liste est sans doute plus longue.  

L’idée de laisser aux citoyens la liberté de végétaliser et cultiver les espaces publics date des années 1970. Au départ, c’est un projet artistique à New York qui est devenu le battement d’aile du papillon qui va diffuser la pratique dans le monde.   

Depuis, de multiples initiatives, plus ou moins sauvages, plus ou moins organisées ont créé une base d’expérience et de connaissances sur laquelle s’appuient associations ou collectifs.  

On ne peut donc que saluer cette initiative : le “permis de végétaliser” est une manière d’intégrer dans l’ordre public une innovation sociale. Ça a l’air anodin, mais c’est une victoire pour le développement durable.  

En creusant un peu, on se rend compte que ce permis pose des questions plus profondes. Est-ce une “privatisation temporaire” de l’espace public ? Quel en est le cadre juridique en cas de conflit ou d’accident ? Quels rapports sociaux induisent réellement ces espaces végétalisés ? Que se passe-t-il lorsque ces espaces se transforment en nuisance ou sont laissés à l’abandon ?
L’expérience est passionnante: c’est une manière humble et concrète de participer à rendre l’espace urbain plus humain et moins éloigné de notre environnement naturel.

Comment les citoyens de l’écoquartier Danube pourraient s’autoriser  à mettre  leur graine dans  les rues ?


Pour commencer à y réfléchir, voici quelques articles bien utiles :

Et à Strasbourg ?
Un guide synthétique et complet à la fois :
Genèse des potagers urbains (tout le site est passionnant) :
Un réflexion en profondeur sur le permis de végétaliser, avec des exemples concrets:

Quelles constructions prévues ?

Un tiers environ du programme total de l'écoquartier déjà construit.


A ce jour, les programmes immobiliers livrés sont au nombre de 9 et ils portent sur les réalisations suivantes :
  • un établissement pour personnes âgées de 84 chambres,
  • une résidence étudiante de 216 appartements,
  • 175 logements,
  • 4400 m² de commerces et bureaux,
  • un parc de stationnement de 128 places.                           

Des constructions qui ont permis que 600 habitants et une centaine d’employés environ puissent vivre et cohabiter aujourd’hui dans le quartier.  

Les programmes en chantier sont au nombre de 5 ce qui représente 298 logements, 4628 m² de bureaux et un parc de stationnement de 338 places.  

La livraison de ces programmes s’échelonnera de fin 2017 à fin 2018.  

Concernant les travaux des derniers programmes ils débuteront dès le 1er trimestre 2018 jusqu’en 2020, date prévisionnelle d’achèvement du quartier. En particulier, l’école maternelle devrait être ouverte pour la rentrée 2019.    

Les travaux d’aménagements définitifs : rues, places, espaces de jeux et espaces verts seront réalisés au fur et à mesure de l’achèvement des projets immobiliers de chaque secteur.  

Ces travaux devraient démarrer par la rue de l’Elbe et la rue Etienne Julliard au 2ème semestre 2018.   

A noter que des aménagements provisoires seront programmés autant que nécessaires pour améliorer l’accessibilité du quartier et des immeubles.

L'astuce du mois

Des gazons en gestion différenciée au lieu de gazon d’ornement pauvre en biodiversité.

Une gestion douce, plus extensive permet de restaurer le milieu et favorise une plus grande diversité biologique.  Le gazon extensif avec quelques fleurs locales, peu piétiné, ne nécessite ni arrosage, ni engrais et sera  tondu 4 à 8 fois par année. 

La première fauche la plus tardive possible permet le semis spontané, même pour les plantes à floraison tardive. Sur des gazons entretenus de la sorte, une centaine de plantes mellifères pourront s’implanter spontanément, même des variétés issues des listes rouges, c'est-à-dire en danger d’extinction.  

Les prairies extensives composées d’herbes et de fleurs endémiques sont encore plus précieuses. Elles ne peuvent pas être piétinées, ne nécessitent ni arrosage, ni engrais et sont fauchées une à deux fois par an. Il est possible de faucher un chemin à travers cet espace. 

Le plein développement d’une prairie fleurie prend plusieurs années. Une hauteur de coupe trop basse (<10 cm) favorise les plantes annuelles au détriment des vivaces et provoque la mise à nu du sol, pouvant entraîner la prolifération de plantes non désirées.  

Une coupe trop précoce dans l’année favorise les graminées à croissance rapide et n’a finalement que peu d’influence sur la hauteur finale de la strate herbacée tandis qu’une coupe en pleine période de floraison prive les insectes de nourriture et perturbe le cycle biologique de la petite faune.  

Une fréquence de coupe trop élevée empêche bon nombre d’espèces de fleurir, fructifier et disséminer leurs graines. Elle favorise les plantes à stolons ou les plantes à croissance rapide souvent indésirables, comme les chardons.

L'Arche embarque

19h00 ! Les premiers coups de sonnette résonnent au 8, passage de la Gosseline ! Ce soir c'est portes ouvertes dans une des deux maisons habitées depuis moins d'une semaine par Daniel, Émilie, Marie, ou Robin...


En tout 12 personnes en situation de handicap qui rassemblent autour d'elles, des salariés de l'Arche, des jeunes en service civique et 3 étudiants désireux de partager une vie ensemble.

L'Arche, association fondée par Jean Vanier en 1964, vient de naître après une longue gestation à Strasbourg !


Les 2 joyeuses  maisonnées à peine   installées,  débordent  déjà  du  désir de partager  avec les voisins de  passage,  des  moments de  fraternité, de  convivialité...



Autour de verres de jus de pommes estampillés du logo du quartier, ou de canapés, les discussions  s'animent, puis finalement se  taisent pour voir le  film retraçant l'histoire de l'installation ! 

" Mes chers parents je pars, je vous aime, mais je pars..." mieux qu'un long discours, Christel, portée par la voix de Lou Anne nous mime l'étape décisive que représente pour elle et pour les autres, cette installation à l'Arche !

Désirs d'émancipation, d'avoir un "chez soi ", d'occuper enfin sa place dans la société pour faire bénéficier chacun de ses dons irremplaçables.

Nous sommes ravis de prendre racine dans ce terreau déjà convivial de l'écoquartier Danube !