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COVID 19

" La liberté avec laquelle nous passons le temps, nous mouvant d'un lieu à l'autre, d'une rencontre à la prochaine, nous soutient dans le temps, parce qu'elle donne forme au cours de la vie.        

Mais pour peu que ces rapports soient perturbés, pour peu que ce secours soit compromis et qu'au contraire tout s'avère menaçant, que les lieux visités donc, les êtres croisés, nos repères familiers soient hantés par le spectre d'une violence possible qui pourrait faire irruption, sans prévenir, la vie devient invivable ". 

Marc Crépon- philosophe
Libération, 19-10-2015 


Écrits après l’attentat du Bataclan, ces mots ont résonné plus fort que jamais au lendemain de l’allocution présidentielle du 16 mars, sur la propagation planétaire du coronavirus, nous intimant le confinement sans jamais en prononcer le mot. Réveillée le lendemain matin KO, j'ai été prise de  sanglots comme à l'annonce de la perte d'un être cher.

J'ai compris, dans le soleil précocement estival de l'après-midi, munie de ma carte d'identité et de l'attestation de déplacement, longeant le canal quai Dusuzeau et soudain saisie par la beauté du paysage paisible et bucolique de la marina, des forsythias en fleurs, que rien ne serait plus jamais comme avant.         

Et j’ai nourri cet espoir fou et nécessaire d’en sortir collectivement plus responsable, plus soucieux de la nature, des autres et de soi-même.


Véronique Ejnès







Plaisir des mots à l’EHPAD

Parmi les nombreuses animations proposées conjointement par Sylvie Heintz et Christophe Antz, l’atelier « Plaisir des mots », qu’il anime par ailleurs, permet à des personnes très âgées, - 90 ans en moyenne – de participer à l’élaboration de textes imaginés en commun avec les autres résidents.  

N’étant plus en capacité d’écrire elles-mêmes, à cause de problèmes de dextérité et d’acuité visuelle, l’animateur a mis au point une manière de les faire participer à l’échange de leurs réflexions, de leurs propositions, ainsi qu’à l’élaboration orale de textes. Il écrit leurs idées sur un grand tableau et les lit à haute voix avant d’effectuer sous leurs directives, les ultimes modifications.

Au printemps dernier, suite à l’incendie de la Cathédrale de Paris, qui a ému beaucoup de résidents comme tant de français, l’atelier a proposé d’écrire collectivement un acrostiche avec les mots « Notre Dame ».   


Noble Cathédrale de Paris, 
Oraisons en ton honneur ! 
Transept brûlé, carbonisé, 
Ruines désolantes et fumantes, 
Édifice grandiose et imposant !
Désolation devant un tel désastre, 
Accident hélas imprévisible… 
Malheur mémorable, 
Espoirs de reconstruction. 



Résidents à l'EHPAD Danube

Le quartier Danube

Les classes de 6èmes bilingues du collège Rouget de Lisle, en visite sur le quartier nous font part de leurs impressions.

En décembre nous avons visité un quartier qu'aucun ne connaissait. Lors d'un photo-rallye nous avons pu découvrir chaque recoin de l'écoquartier Danube. Après le rallye monsieur Klotz nous a gentiment accueilli sur la terrasse de son immeuble, passage de la Gosseline.

Les immeubles sont souvent construits en matériaux écologiques. L'isolation de l'immeuble que nous avons pu visité, et baptisé "Ecoterra", est par exemple en paille. Nous avons vu peu de commerces, seulement une boulangerie et un restaurant végan. On espère que d'autres vont ouvrir !

Les habitants de l'écoquartier ont également à disposition une voiture électrique en auto-partage. C'est une bonne idée pour éviter d'acheter une voiture ! Il faudrait les multiplier.

On a cependant trouvé un peu dommage qu'il y ait beaucoup de voitures qui passent. Mais monsieur Klotz nous a dit qu'il y aurait bientôt deux grands parkings aux extrémités de l'écoquartier. Vivement la fin des travaux !

Dans ce quartier, nous avons eu l'impression d'une certaine harmonie car les gens échangent et se retrouvent pour passer un moment ensemble. Dans l'immeuble Ecoterra, les résidents ont ils par exemple fait des barbecues pour regarder les matchs de la coupe du monde de football l'été dernier.

Dans l'écoquartier, on trouve des logements étudiants, une maison de retraite et bientôt une école maternelle. Ainsi, des personnes de tous les âges peuvent se rencontrer, comme dans le jardin partagé. Cela a donné envie à plusieurs d'entre nous d'y habiter !

L'écologie d'un quartier

Des échos : « Il y a trop de béton ici ! » « qu’est-ce que c’est dense… » « c’est quoi le côté écologique dans votre « écoquartier » ?

Oui, c’est vrai et on peut se poser des questions mais voilà, comme il est impossible de faire tomber les murs de béton, embellissons-les !

En végétalisant chaque m2 de terre : et ça pousse vite ! (dès la première année la renouée a grimpé de 10 mètres), le jardin partagé s’est paré d’une pergola, l’îlot H4 s’est transformé en un espace convivial avec des bacs à plantes, des bandes de terre, du mobilier confectionné avec des palettes.

Les composteurs se remplissent, les apéros des 4 saisons créent des liens, les gens se parlent, les abeilles butinent, un Rep'art Camp est en gestation : notre Eden.

Ce quartier sera ce que nous tous en ferons ; aujourd’hui la promesse d’un vivre-ensemble agréable par le respect des différences est nourrie par  la présence de l’Arche, de l’EHPAD, de l'école maternelle, des étudiants, habitants de tous âges, de divers horizons.

On chuchote d’ailleurs qu’il y aura bientôt des poules ? Peut-être pourront-elles un jour déambuler librement  dans les allées puisque  les voitures seront parfaitement rangées dans les silos bleu et vert.

Et puis n’oublions pas l’écologie relationnelle ; c’est peut-être de là que tout part… suite au prochain épisode.

« L’utopie est une réalité en puissance » Edouard Herriot.

Edithe




Moment

Ça fait maintenant quelques mois que tu te caches, timide, parmi les ombres et les brumes. Ta silhouette me manque, pour ce que je veux t’étreindre fort. Tu habitais mes pensées, tu sais, surtout par froid décembre et les fous dans les rues, les mêmes qu’ont sali notre ville, notre cœur et semé un peu de peur. La cicatrice est depuis pansée mais présente à jamais.

Je t’aperçois rarement le soir, de tes timides loupiotes qui scintillent doucement, se confondant presque aux étoiles. Tu te fais plus rare et elles se font plus présentes. Inconsciemment, je te cherche là-dehors, sous la nuit sombre, une tasse de thé fumant en main, et la vitre qui me rend mon regard car tu n’es déjà plus. Mais la chance fait qu’à mon réveil, parfois, tu es la première sur qui mes yeux se posent.

Les jours passent autant que mes soupirs las. Mais quelque chose a changé, l’ambiance dehors, le temps, presque printanier à la mort lente de l’hiver, et sous les éclats incroyables du Roi Soleil, tu brilles, ma reine, tu brilles et je n’ai d’yeux que pour toi. Éphémère encore tu es et je te vois te faufiler entre les ruelles et les reflets des Cygnes Noirs.

Mais ce soir je sais, après avoir déambulé au milieu des passants, des artistes de rues et des airs spontanés ; je te verrai du haut de ma Tour, réfléchir les derniers rayons du jour, de ta pointe acérée à ton buste de pierre, veillant sur Strasbourg telle une mère sur sa fille, tu brilleras, un bref instant, un court moment, tu brilleras, Môman.

Nicolas Mortreux

Coup de cœur pour l’écoquartier Danube

À la recherche d’un nouveau cocon pour notre nouvelle famille et avec l’envie de demeurer à Strasbourg, nous avons pendant de longs mois été à la recherche d'un appartement avec un environnement agréable, proche du centre-ville, des transports en commun et avec une mixité sociale.

Il faut bien l’avouer, notre arrivée sur un projet de l’écoquartier Danube est un heureux hasard, mais aussi un pari sur l'avenir.  Après avoir écumé de nombreuses annonces dans l'ancien, nous avons décidé de nous tourner vers les projets dans le neuf avec un coup de cœur pour le concept de l’écoquartier. Notre chance a été de dénicher un appartement avec une jolie terrasse, avec une vue sur les montagnes de la Forêt Noire et sur le parc de la Citadelle.   

Citoyens soucieux de l'environnement, adoptant au quotidien nos vélos pour nos déplacements, nous croyons à l'idée que la réduction des voitures en ville est une nécessité et la diminution de nos déchets, un devoir pour préserver l’avenir. 

Ainsi l’usage hebdomadaire des composteurs est devenu une habitude pour nos déchets organiques. Au-delà de ces aspects purement écologiques, nous avons également apprécié l'idée de vivre dans ce quartier où un collectif d'habitants motivés et de belles initiatives fleurissent telles que le jardin partagé, le compost, le projet d'aménagement d'un espace commun.   

Nous avons hâte de voir tout cela se développer et pouvoir partager ces lieux de rencontres avec d'autres habitants heureux comme nous d'avoir su trouver un nid douillet dans cet environnement en plein développement. 

Émilie

Samedi 17 novembre à 14h30. Temps froid et beau.

Manifestation anti pollution, pour une avenue du Rhin sans poids lourds, initiée par l’ARAN et l’EDEN (associations des résidents du quartier de Neudorf et de l’écoquartier Danube).

Hasard du calendrier, le même jour, les Gilets Jaunes organisaient leur première manifestation. A la vue de notre banderole, le long de l’avenue du Rhin, les sympathisants en voiture ont klaxonné en signe de solidarité…

Quelques pancartes bricolées, pour les besoins de la cause, des slogans déclinés au feutre ou sur photoshop, ce sont des paroles d’habitants d'un genre particulier, images saisies au vol, par une voisine de Neudorf. 

© Isabelle Lechner

Rue de l’Elbe, face aux "Blackswans". La manifestation s’ébranle vers l’Avenue du Rhin.

© Isabelle Lechner

Nino et son doudou. Très concerné. L’école maternelle en construction qui borde l’Avenue du Rhin l’accueillera à la rentrée  2019.
© Isabelle Lechner

Inconnue en manteau rouge. 
Quand le soleil se met de la partie et joue les projecteurs…

Véronique E.

Futurs habitants du quartier Danube

Un beau dimanche d’automne 2017, randonnée dans les Vosges ou visite du salon de l’immobilier ? 

Ce sera le salon de l’immobilier car nous sommes à la recherche d’un nouvel appartement. Nous voilà donc partis pour le Wacken.  Trop petit, trop cher, trop éloigné de la ville, trop loin des transports en commun ou des commerces, pas assez de verdure. Nous avons bien du mal à trouver l’appartement de nos rêves !   

Mais au détour d’une allée, nos yeux sont attirés par un projet d’habitat participatif à l’écoquartier Danube.  

Habitat participatif ?  Comme le Lavoir du buisson saint Louis à Paris, ou les Babayagas à Montreuil ? Écoquartier ?  Comme le quartier Vauban à Fribourg, ou BedZED à Sutton, au sud de Londres ? 

Les deux vont souvent de pair, comme au Hameau des buis, en Ardèche, visité il y a quelques années déjà.  Bien sûr, nous ne vivrons pas dans un monde idéal. Le quartier sera très dense, un peu trop à notre goût. Ne pas pouvoir se garer au pied de notre immeuble nous sera difficile certains jours. Il y a beaucoup d’agitation dès que l’on sort du quartier. 

Et pour l’instant, dans ce qui est encore un chantier, à part certaines toitures végétalisées, on aimerait voir plus de verdure, de fleurs et de plantes sur les façades des immeubles... Pourtant, c’est là que nous pensons habiter d’ici un an, dix-huit mois peut-être.   

Dans ce coin de ville, que nous aimons déjà malgré ses limites, avec ses habitants que nous apprenons à découvrir, nous pensons qu’il sera possible, à la mesure de nos moyens, de contribuer à faire bouger les lignes.  

Un couple de futurs habitants.

Petit Quizz

Dans quelle entrée d'immeuble pouvez vous m'admirer ?

Je suis la sculpture de l'entrée de mon immeuble.

Je ressemble à un détail sculpté de grès rose de la cathédrale. Je possède des arches et grâce à ce détail unique, mon immeuble et moi, apportons un peu de rondeur dans ce quartier où ne règne que l'angle droit.


Où suis-je situé ?


Vous me reconnaîtrez je suis recouvert de briques et je possède un côté frais et rose et vert de la jeunesse !

Je n'ai pas la prétention de concurrencer ma voisine la tour Elithis, mais beaucoup envient déjà ma terrasse et sa vue imprenable sur Strasbourg et la Forêt noire.

Je suis bien sûr le bâtiment Axiom et nous allons fêter ma famille et moi nos deux ans d'installation.

Je continue ma période de rodage dans cet écoquartier qui bouillonne de projets. Des liens se tissent malgré les occupations de chacun...

Bientôt une vie paradisiaque du jardin d'EDEN va voir le jour dans mon Écoquartier Danube Énergies Nouvelles.

Emmanuelle



Histoires d'O

Quand on n’a pas d’eau…. On a des idées !

Une fuite ? quel gâchis; alors qu’à quelques mètres de là, le jardin partagé souffre de sécheresse.

L’idée n’est pas longue à germer. Hop ! une bassine, 2 arrosoirs et des petits récipients.

Les petites gouttes les remplissent en quelques quatre heures… comme le biberon de bébé !

Après, tout ce n’est qu’une question de motivation... quelle satisfaction d’arroser abondamment nos plans de tomates très fatigués de lutter pour survivre dans les bacs asséchés.

Maintenant la végétation luit de bonheur. Il n’y a pas à douter, quand le thermomètre frise la quarantaine et que nos yeux captent des images d’eau et de fraîcheur, le corps s’en trouve rafraîchi : c’est la « psychologie visuelle » !


Quand on n’a pas (encore) d’eau pour le jardin partagé… on a des idées !

Chouette un orage.

Patauger dans l’eau ? un rêve d’enfant …  mais « pas que » !

Les nids de poule se remplissent vite. Ils deviennent  presque des mares…
Il suffit d’un petit grain de folie…
(très contagieux).

Une pensée pour la fleur qui fane ou le plant de potiron jaunissant pendant les semaines sèches

Et l’idée de récupérer cette manne tombée du ciel s’impose !

Hop on met les bottes… ou des sandales amphibies, on attrape quelques seaux, les voisins arrivent, les petits bras remplissent les récipients, les gros bras s’occupent du transport vers le jardin partagé.



Quelle satisfaction de voir la cuve remplie à ras-bord !

Le soleil est revenu.

A quand la prochaine pluie ?

Edithe

Hello Danube !

« Nous voilà expérimentant chacun avec nos particularités, la vie dans la tour Elithis, peaufinée jour après jour, ce qui ne fut pas simple.

Mais quelle surprise, en entrant dans ce phare terrestre ; nous fûmes unanimes dans notre première réaction : rester bouche bée devant le panorama dans le cadre de nos fenêtres et tout en haut dans le « cœur social ».


Nous découvrîmes la ville, immense tissu urbain, vue du ciel, ses passants, ses routes, son tram, ses vélos et au loin les Vosges et la Forêt Noire, les coulées d’eaux scintillantes ou de verdure, les quartiers tous soudés, et la cathédrale majestueuse. Et puis les bateaux, les oiseaux aquatiques…



Nous n'avions plus le nez au ras des rues, nous volions. À l'ouest, la splendeur des couchers de soleil nous saisit encore, le ciel se pare de rouge flamboyant ou de toutes les gammes de rose, le soleil de juillet se couche dans le ventre de la cathédrale, se parant d'un écran de dentelle.


La nuit venant avec son calme et sa fraîcheur, ses lumières scintillantes, je médite et forme des vœux, car après quelques râleries diurnes sur la difficulté de vivre, l'âge venant, dans cette grande ville vibrante, un brin indisciplinée, pas toujours clean, je continue à l’aimer.

En ce Danube de béton, je souhaite à tous ses habitants : le meilleur d'eux-mêmes : la créativité, l'inventivité mais tout en souplesse et surtout de garder une belle humanité à partager ».

Christiane

















Tout en haut d’Elithis, l’horizon s’agrandit


« Un dimanche d’avril, Mathilde, une jeune résidente qui était en train de déménager, nous a emmenées au 16ème et dernier étage de ce vertigineux Elithis, qui a grandi pendant de longs mois devant nos fenêtres…

Oh… Nous étions quasiment  tous d’accord pour critiquer cette démesure : trop haut, trop dense, des matériaux bizarres…
Où est le grès des Vosges ? et notre horizon qui rétrécissait peu à peu ! mais voilà, nous sommes allées voir !

Prendre un ascenseur ouvert sur l’extérieur est déjà impressionnant – même pas peur ! - mais alors là-haut,  impressionnant ! 

« On dirait des jouets » s’exclame Mme. E, en montrant les voitures ; les Blacks Swans ont perdu la pesanteur qu’on peut ressentir en marchant le long des façades sombres ; et Mme. MT de renchérir : « la Cathédrale, je la vois d’ici ! » ; « et si l’ascenseur tombe en panne ?».  « Magnifique… mais je ne voudrais quand même pas habiter si haut »…  Merci, Mathilde». 

Mmes. MT et E, résidentes de l’EHPAD Danube.

Edithe

L'arrivée

« Ce n'est pas par militantisme que j'ai emménagé dans l'écoquartier du Danube le 30 août 2016. Quelques semaines plus tôt, j'apprenais que j'étais accepté dans une grande école strasbourgeoise.

Je devais alors trouver un logement. Lors de mes recherches sur internet, je tombe sur le projet de résidence étudiante Kellermann et là, c'est le coup de cœur.

Quelques jours plus tard, je visite ce qui sera mon futur chez moi et me retrouve dans un écoquartier, une partie de ville en construction.

Je me suis vite rendu compte que l’idée que je me faisais de ce genre de quartier était fausse. Je pensais cet habitat comme une zone de banlieue, où des gens se regroupent par conviction personnelle. Un genre de radicalisme écolo, où les habitants vivent en marge de la société en prônant la décroissance.

Pourtant ici, à quelques minutes à pied, il y a un cinéma, une médiathèque, un tram... et même... un centre commercial symbole de la société de consommation. Et à un quart d'heure de marche, le centre-ville strasbourgeois et son dynamisme.

Je découvre aussi un quartier densément urbanisé où les projets se multiplient. Mais surtout un nouveau mode de s'approprier la ville : mixité, logement participatif, autopromotion... 18 mois après mon installation, ma vision de ce terme d'écoquartier a totalement changé et m'a amené à m'interroger sur les façons de vivre la ville.

Un quartier qui, lorsque je partirai, sera un passage inévitable lorsque je reviendrai à Strasbourg ? »
 
Johan

Le Chat d’Edithe


La loge du concierge du quartier



Le chat à voile et l’« ami Fritz »


« Qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il a, qui c'est celui-là ?
Complètement toqué, ce chat-là, complètement gaga
Il a une drôle de tête ce chat-là
Qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il a ? »




Odin c’est le chat du numéro 1. Noir telle une panthère.
Il trône en hauteur et attend face à la porte, qu’elle s’ouvre.
Qui est-ce encore ? Un ouvrier ? Un architecte ? Un nouveau voisin ?
Ma maîtresse ?

Ils ne respectent décidément pas les heures de sieste !

Une coproduction d’Edithe Bresch, Vincent Bobilier, Pierre Vassiliu et Véronique Ejnès.

Arthur

Il est revenu !
La nuit,
Sans bruit.
Par la porte entr’ouverte du jardin.

Quand je l’ai vu, j’ai poussé un petit cri !
Dans le noir, j’ai failli lui marcher dessus.
Ça aurait fait une bouillie pas très ragoutante.
Sur le parquet de mon bureau.

Je l’ai pris, entre le pouce et l’index.
Je l’ai sorti côté rue
et l’ai déposé sur une feuille mouillée.
Sauvé, Arthur !

Il en a bien pour huit jours, un mois peut-être ?
avant d’avoir fini de traverser la friche en face de chez moi.
Et d’aller se faire écraser
« SPLATCH !!! »
Par une voiture, sur le pont Danube face au Vaisseau !

Dommage… Je commençais à m’attacher.
Avec ses petites cornes trop mignonnes – on dit «cornes» ?
Et son air de pas trop savoir où aller, mais y allant tout de même.
Tranquille hein ?

Il y avait comme un début d’histoire d’amour entre lui et moi.
C’est vraiment bête !

Un escargot.
Sans persil, sans beurre et sans ail !


Pris en flagrant délit de déroute sur le parquet de mon bureau.
Sur le circuit du Dakar, ça ne pardonne pas !
Mais on ne joue pas dans la même cour !

                                                                         Véronique

Petites chroniques du 3, passage de la Gosseline...

"Depuis que j’habite ici, mon plus grand plaisir, c’est...

De sortir pieds nus sur ma terrasse.

D’y regarder l’orage, protégée par la dalle du 1er, jusqu’au moment où tombent les grêlons.

D’être dehors comme dedans.

De voir Grégoire, filer à toute vitesse sur son vélo de course, depuis les portes fenêtres du séjour.

D’entendre Régis, sur la terrasse partagée, parler avec gourmandise et des étoiles plein les yeux, de la dernière invention, - géniale, par été caniculaire ! de cannettes de bière auto – réfrigérées.

De me lever la nuit et de regarder, debout devant la porte fenêtre, les lumières des lampadaires scintiller doucement le long de la rue Alfred Kastler de l’autre côté de ce qui est encore un pré, avant de devenir une friche et puis un chantier, avant que d’autres immeubles ne viennent me boucher la vue.

D’aller y cueillir des brassées de fleurs des champs, - marguerites à foison, bleuets, coquelicots, sauge, pour la maison et penser à offrir le prochain bouquet à mes voisins, Gérald et Benoît.

De planter des laitues sur la terrasse partagée, avec la « famille écoterienne » et de les voir pousser toutes seules, avec toute cette pluie et que personne n’arrive à se décider à les manger, parce qu’elles sont trop belles à voir.

D’inviter Edithe, ma future voisine, à passer derrière le grillage de fortune qui sépare nos deux jardins, pour venir prendre le café sur ma terrasse et l’escabeau, pour ses travaux.

De me décider à aller voir un film à l'UGC, à la dernière minute et d’y aller à pied.

D’être dans une autre ville, à Strasbourg ".
Véronique
Eté 2016

Derrière les rideaux vert et orange de l’EHPAD...

" Cela fait 5 ans, que je travaille dans le quartier. Au tout début, nous étions seuls. Je ne me préoccupais pas de ce qui allait nous entourer.

Mon intérêt était uniquement d’apporter de l’énergie, de la vie et un soupçon d’espérance.

Ma tâche ici est utile, mais par moment délicate. Il faut savoir continuellement s’adapter.

Je ne cherche aucune notoriété, mais auprès des personnes avec qui j’exerce, j’ai l’impression d’en avoir un peu parfois. C’est bizarre et marrant à la fois.

Mais j’aime surtout mon travail, car j’admire la force que les anciens peuvent avoir face à leur vécu, aux périodes difficiles.

Ils sont souvent nostalgiques, tristes et malades. Mais ils m’apportent des connaissances et de la sagesse de vie, tous les jours.

C’est ce qui me motive à venir. Mon devoir est donc de leur rendre la pareille, en essayant de les écouter, d’être tolérant et de leur amener quelques moments de bonheur, pour le reste de leurs jours.

Mais bien que les années passent, que des gens partent, il n’est pas toujours naturel d’être aussi dynamique que ce grand, beau quartier qui se construit.

Nous le regardons grandir ensemble et nous nous soucions de la taille des bâtiments, des gens qui vont arriver et du temps des travaux.

C’est une bien belle animation qui est proposée, là dehors ! Même un peu déroutante et dérangeante.

J’essaye de leur expliquer, que malgré tout ça, la vie et la société viennent vers eux.
Qu’ils se sentiront  moins seuls et pourront, s’ils le souhaitent, participer à son éveil…"

Monsieur B,
animateur à l’EHPAD

Danube...

"  Quand j’entends le mot Danube, je ne peux pas m’empêcher d’entamer un pas de valse, celle qui dit qu’il est beau et bleu, ce fleuve né tout près d’ici dans le Schwarzwald. Plutôt gris que bleu…

Je ne connais pas encore ce nouveau quartier de Strasbourg auquel on a donné le nom du Danube. Il fait partie de tout un tas de projets immobiliers qui se construisent à toute allure de l’autre côté de la ville, un peu distants des environs de la gare, où j’ai mes habitudes. Danube sera, est d’ailleurs déjà, un écoquartier.

Et si j’habitais un écoquartier, comment est-ce que je vivrais ? Forcément, ça émoustille l’imaginaire. J’aurais des œufs frais tous les jours, pondus par des poules qui picoreraient devant la maison. Mes voisins seraient tous végétariens.

Et pour les barbecues dans les jardins, il n’y aurait que du tofu ; ça a quelle odeur, le tofu grillé ?

Et tout ce qui va habituellement à la poubelle serait obligatoirement reconverti. Waouh, magnifique, ce mobile en pots de yaourt ! Trop classe, ce porte-clés bricolé à partir de capsules Nescafé ! Et ces boucles d’oreille en LEGO, quelle trouvaille !...

Danube, cela évoque aussi la vastitude, le voyage au long cours, la steppe et le vélo. Eh oui, beaucoup de gens longent le Danube-fleuve à bicyclette, j’en connais qui l‘ont fait,…J’aimerais bien en faire un bout, moi aussi, un de ces jours. Ce serait un vrai éco-voyage.

En attendant, il faut vraiment que j’aille voir le Danube-éco-quartier : et d’ailleurs, j’irai à vélo. "

Myriam N., habitante du quartier gare

Chantier

" Le gros-œuvre a débuté au mois de juin et depuis le bébé grandit à vue d’œil. Les réunions de chantier permettent de rencontrer les ouvriers des différents corps de métier; ils ne sont plus des étrangers pour moi. Je sais qui a monté mon mur de cuisine. Le bâti acquiert une âme. C’est notre cathédrale à nous "
Edithe